1858 - Bruxelles

L'école Saint-Georges à Bruxelles, 1858

Le jeudi 9 septembre 1858, le jeune Frère Mutien-Marie arrive à l’Ecole Saint Georges à Bruxelles, rue des Alexiens. Il n’avait pas encore 18 ans et quittait Chimay où il s’était vu confier, comme à tout débutant, la 1ère année primaire.

L’Ecole Saint Georges est la première école des Frères à Bruxelles. Les deux premiers frères y étaient arrivés le lundi 30 avril 1832, d’abord rue du Chêne, puis vu l’affluence des enfants, l’année suivante rue du Poinçon et enfin en 1846 rue des Alexiens. Le nombre de Frères augmenta également et à l’arrivée du Frère Mutien, la communauté comptait 19 membres. Tous n’enseignaient pas à l’école Saint Georges. Les paroisses des Minimes, Sainte Catherine et Sainte Claire avaient également leur école. Dans le journal de Kertsen, nous lisons que "Le clergé de Bruxelles a établi 4 écoles pour les enfants pauvres dirigés par les Frères des Ecoles Chrétiennes." Le 27 avril 1857, les 1462 élèves de ces 4 écoles célébraient à l’église Sainte Gudule, le 25e anniversaire de l’arrivée des premiers Frères à Bruxelles.

A Chimay, il n’y avait que 4 Frères. Le Frère Mutien se trouvait donc dans une grande communauté, composée de Flamands et de Wallons, dirigée par le Frère Charles, un français. Le lever était fixé à 4h30, de 5h à 6h30 les Frères se retrouvaient à la chapelle pour la prière du matin, la méditation, le chapelet et la sainte messe. Puis chacun partait pour sa classe peuplée de 40 à 50 petits Bruxellois issus des milieux populaires.

Saint-Georges comptait 3 classes en section française et 2 classes en section flamande. Le Frère Mutien fut chargé de la deuxième année française. Après son apprentissage à Chimay, la tâche ne lui parut pas trop lourde, malgré son jeune âge et la quarantaine de garçons de 8-9 ans dont il était le responsable. L’école se terminait à 16 h. Le Frère Mutien passait alors à la chapelle et devant le Seigneur faisait le bilan de sa journée de classe. Ensuite, il se rendait à la grande salle d’étude des Frères pour corriger les travaux et préparer les leçons du lendemain. A 18h, débutaient pour les Frères les Exercices Spirituels du soir : une demi-heure de lecture spirituelle, suivie d’une demi-heure de méditation à la chapelle et une autre d’étude de la religion. A 19h30, tous se retrouvaient au réfectoire. Le souper était suivi d’une récréation fraternelle. A 20h30, la prière du soir clôturait la journée.

Notre Saint n’avait quitté la forge paternelle depuis 2 ans. Grâce à l’estime que lui témoignait le Frère Directeur Charles, le Frère Mutien s’épanouit au sein de cette communauté nombreuse dont il se plaisait plus tard à souligner la charité, le bon esprit et la fidélité à la Règle des Frères. Aussi demanda-t-il à la fin de l’année scolaire de pouvoir se lier à la Congrégation des Frères par des vœux. Son souhait fut exaucé et le 14 septembre 1859, au terme de la retraite annuelle à Malonne, il prononça ses premiers vœux pour une période de trois ans. Il ignorait qu’il ne reverrait plus ses chers petits bruxellois. Ainsi en avaient décidé ses Supérieurs auxquels il s’était lié par son vœu d’obéissance. Ils lui demandèrent de rester à Malonne. Il ne pouvait pas savoir que 150 ans plus tard, le Frère Mutien y accueillerait chaque année des centaines d’enfants.

Mais l’école Saint Georges ne l’a pas oublié. Une pierre est scellée à l’entrée y rappelant son séjour :

"Ici vécut et enseigna en 1858-1859 Saint Mutien-Marie, Frère des Ecoles Chrétiennes, canonisé par le Pape Jean-Paul II le 10 décembre 1989."