Frère Mutien-Marie

Résumé de son parcours en tant qu'enseignant et prononciation de ses vœux

A la fin de son noviciat, il fait sa retraite à Malonne, est envoyé le 8 septembre 1857 dans l’école Saint Joseph à Chimay, dirigée par le Frère Memi, pour y faire la 1ère  année   primaire.   

L’année suivante, 1858, il est envoyé chez le Frère Charles, directeur de l’école St Georges à Bruxelles. Son emploi: titulaire de la 2e classe française d’une section de 3 classes. (En 1860, Bruxelles comptera 42 frères répartis en deux communautés. A Saint Georges, ils dirigent 18 classes du jour, 2 classes d’adultes, ils accueillent une association d’ouvriers en leur classe du dimanche. A leurs heures de sorties, les jeunes militaires en service dans la capitale)

Il prononcera ses premiers vœux le 14 septembre 1859, à la fin de sa retraite à Malonne,  pour une durée de 3 ans, et  reçoit une nouvelle affectation: Malonne: pour y enseigner au pensionnat pour être le second maître en classe de 7e.

A Saint Berthuin, il y a 1000 pensionnaires, le FRÈRE Majorianus, le titulaire de cette classe, est né en Allemagne, il a 27 ans, est très autoritaire et intransigeant et assume toujours la première heure de cours. Le jeune frère lui succède. Comme il fallait s’y attendre, les élèves de 9 à 10 ans, soupirent, heureux de se défoulés aux dépens de ce jeune frère inexpérimenté de 18 ans! Et c’est le chahut.

Ce fut si grave que le Conseil de communauté se demanda si ce jeune sujet, par ailleurs si pieux et si édifiant, était bien à sa place dans une institution, encore à ses débuts, et soucieuse d’acquérir rapidement une certaine notoriété. Le frère Mutien n’est pas autorisé à renouveler ses vœux temporaires. Le Frère Maixentis, architecte de talent, fin musicien, d’une rare distinction, exerçant sur ces confrères une forte emprise, intervint et demanda au Frère directeur Maufroy que le FRÈRE Mutien devienne son auxiliaire pour les cours de dessin et de musique. Le FRÈRE Maixentis dit à son protégé: "Vous étudirez l’harmonium et le piano chez le Frère Luzianus, un artiste hors-ligne. Moi, je vous apprendrai à dessiner; et voici l’horaire de vos surveillances. N’oubliez-pas de répéter chaque jour vos leçons d’harmonium de 9 à 10 h."

Le Frère Maixentis avait parlé de musique instrumentale et le bon Frère Mutien ne s’imaginait pas qu’il devra étendre ses connaissances dans le domaine musical: harmonium, piano, flûte, où il excella, contrebasse, tuba, bombardon. Par obéissance, il s’essaya à l’orgue et avec soulagement, vu son impuissance à le maîtriser qu’il l’abandonna. Il fut,  chef d’une harmonie de 60 exécutants. Les répétitions et présida aux exécutions les jours de fête. En 1872, lors d’un défilé à Aix-la-Chapelle, ils ne récoltèrent que quelques applaudissements de courtoisie, très peu nourris. Le Frère Mutien a accepté l’avanie sans se plaindre. Il avait fait son possible et c’est avec soulagement il a salué le retour du frère Maixentis. Nous n’avons aucune partition de musique aucun dessin qui lui soit attribué.

Le 26 septembre 1869, il prononce ses vœux perpétuels.

Pour tout savoir sur les activités du frère Mutien, il faut ajouter qu’il fut le sonneur de la communauté pendant plus de 30 ans ainsi que surveillant des cours de récréation, durant les entr’actes des séances récréatives dominicales, ou encore surveillant des après-midi de retenue  pour les élèves récalcitrants, corvée que personne ne raffolait et qui revenait tout naturellement au brave Fère Mutien.